ECHOS DU GRENIER MAGIQUE
Nabzinigma est un petit village situé au nord-ouest du Burkina Faso. Il compte environ 800 habitants, mais il est très pauvre, et les périodes de sécheresse sont terribles car les femmes se rendent à plus de 4 kilomètres pour chercher de l’eau. 80 % des enfants ne vont pas à l’école.
Né en Côte d’Ivoire, et revenu dans son village à l’âge de 10 ans, Issiaka Bonkoungou a été le seul élève à fréquenter l’école située à près de 6 kilomètres. Il devait y aller à pied en traversant la forêt. Le soir, au coucher du soleil, il retrouvait ses camarades du village, pour la soirée quotidienne du conte. Il a écrit Echos du grenier magique, un recueil de 18 contes burkinabés, dont la totalité des droits iront au village pour réaliser un forage permettant d’accéder à l’eau potable.
Les contes parlent de la langue française et du rôle que joue la langue pour communiquer avec les autres.
Les animaux sont les héros principaux de ces contes. Ils y évoquent tous les rapports entre les êtres vivants, humains ou animaux. A la manière de Jean de la Fontaine, une morale accompagne chaque conte : il est toujours important de réfléchir avant d’agir, on a toujours besoin des autres pour se sortir de situations difficiles, donner sa parole est sacré… Le contexte burkinabé est présent dans la magie, dans l’importance du tam-tam, dans la découverte du beurre de Karité pour rendre belles les femmes, dans les moqueries entre ethnies, dans la nécessité de léguer les secrets : C’est pour ça qu’il est conseillé de toujours léguer à sa progéniture ses découvertes et ses secrets. Les conseils des anciens sont précieux : Mon fils, fais beaucoup attention. Ton amie paraît belle en image, mais en réalité, elle est vieille en esprit. La beauté externe ne signifie pas toujours la bonté.
Chaque conte ouvre la réflexion sur le rapport au monde et aux autres.