Ce qu’il venait de percevoir signifiait-il que chaque être humain est animé du même souffle que celui de sa mère ? Que le souffle des hommes s’éteint lorsqu’ils meurent, quand celui des femmes survit à travers leur descendance ?
Voici un livre inattendu. Troublant et fort. Jacques Norigeon vit avec ses morts et pour un peu ils en ressuciteraient. Dans ce monde étrange où l'on est plus peiné par la mort d'un "people" que par celle de son cousin, Norigeon nous parle à voix basse pour une oraison du soir, une oraison joyeuse souvent, pertinente toujours,
« Nostalgies de contrées incertaines, de lieux disparus, de temps révolus. Il nous dit sa fraternité pour l'arbre, l'oiseau et les déshérités, en peu de mots, sans peser. Ses nostalgies sont funèbres et joyeuses même quand tout semble s'écrouler. Il nous plante dans le coeur l'épine douce-amère de sa poésie. »
La scène est séparée en deux par une voie de chemin de fer.Côté cour, à l'avant-scène, un pupitre d'écolière. Côté jardin, une salle à manger que l'on distingue à peine.
Les migrants ont un beau nom d'oiseau.Les migrants. Ici ceux du Viêt-nam.Roissy en France depuis Hô Chi Minh-Ville. Fin et début du voyage. Plus le pays d'où on vient, pas encore le pays où on va.Ceux-là sont partis du pays pour une nouvelle vie dans un autre pays, sont retournés au pays, et maintenant c'est dans l'autre pays qu'ils reviennent comme on...
Juste après leurs noces en Limousin, deux jeunes mariés pistent une énigme enfouie dans leurs souvenirs. Parcourant le plateau de Millevaches d’ouest en est, ils réveillent sous leurs pas les voix oubliées par l’Histoire.
C'est un immeuble H.L.M. d'une cité-dortoir, au bord d'un périphérique qui ceinture une ville de province.Paysage familier.Il y a l'inévitable centre commercial au béton esthétisant et les tours empilées les unes à côté des autres, comme autant de parkings pour des solitudes humaines silencieuses.
Douloureuses.
Entre la fugue de Julie, partie oublier Marie, et le calme de la campagne, le tumulte monte dans les lettres adressées à celui qui reste ; mais aussi l'attente et la tendresse au fil des chansons et des souvenirs qu'elles évoquent.
Pièce pour deux ou quatre comédiens, qui dit comment la folie de quelques-uns condamne au malheur le plus grand nombre, comment l'oubli de l'Histoire condamne l'Histoire à se répéter, comment le spectacle de l'Histoire, a fortiori s'il est burlesque, finit par primer sur l'Histoire elle-même.
Cela commence comme une invitation, une longue promenade en voiture avec des personnages célèbres, dans une province bien réelle.Cela ressemble à l'exacte description d'une reconnaissance, à un petit feu qui continue de courir dans les veines, à un voeu que le désir et l'absence ne font qu'exaucer, à un jeu que la translation naturelle transforme en...
Cette collection accueille des textes d’écrivains en résidence d’écriture à l’hôpital, ou en expérience de soins. Que fait-on de nos jours ? a été écrit par Jeanne Vitez à l’occasion de plusieurs séjours à l’hôpital.
Sara : Quand j'étais grande j'avais une belle bouche.Myriam : La voilà encore partie : quand j'étais grande, quand j'étais grande. Je viens de te dire, quand je serai grande.Sara : J'avais un beau visage. Je te ressemblais un peu. Mes cheveux étaient plus noirs que les tiens.Personnages (peuvent être joués par 4 femmes et 1 homme) :
« Poèmes-passages d'un temps passé, des années mille neuf cent quatre-vingt, convertis en présent définitif. Des effleurements, des traces, des glissements, des silences, je fais court pour qu'on puisse me lire lentement en effeuillant la marguerite du temps, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie. »
Avec ce quatrième livre, Bernard Montini illustre encore les vers d'Edmond Jabès qu'il avait mis en exergue de son précédent recueil, Ombres en portées: « Dans chaque livre lu, il y a un livre à lire que personne ne lira. »
Oratorio pour des hommes et des femmes, des anges, quelques prophètes? Ce texte traite (et maltraite) de la question religieuse telle qu'elle se pose à nous, ici et maintenant : du prosélytisme guerrier des soldats d'église, de nos choix impies, de nos doutes et nos émerveillements « mal croyants », de nos contradictions entre l'aspiration aux mythes...
« Lorsqu’il s’avance vers nous, d’un pas rapide, Jean-Michel Platier nous impressionne. Sa stature est imposante et son front relevé. C’est un géant ! Lui qui naguère avait écrit une manière d’hommage au poète Maïakovski, Le stylo en bandoulière, avec le temps il est devenu son double, son frère humain…
Quelque quarante années et une quinzaine de publications séparent le premier livre de Jean-Marie Berthier, publié au Laos en 1974, de ce long poème unique au lyrisme épique qui déroule ses strophes dans un vaste souffle : dense accomplissement d’un processus d’écriture haletant et concentré, auquel Jean-Marie Berthier ne s’était jamais soumis jusqu’alors…
Demoiselle coiffée (aussi appelée cheminée des fées) : colonne ciselée par les eaux de ruissellement dans une roche meuble et coiffée par un bloc résistant protecteur.
Le monde n’aime pas l’amour.L’amour le lui rend bien, qui toujours s’éloigne, qui toujours est ailleurs.Ne peut alors se lever que la figure de la mendiante.Elle, si démunie et pourtant si forte, dans cette éblouissante pauvreté, dans cette inhabitable merveille.
Philomène aura sept ans dans quelques mois. Elle n’envisage pas sans frayeur ce passage à l’âge dit de raison. Pour faire diversion à cette épouvantable perspective, elle multiplie les questions à son entourage. Ce sont évidemment des questions rudimentaires.
Extraits : « Au mois d’octobre de cette année-là, elle n’a pas su d’où venait, à cet instant précis du jour, le moment de se taire. C’était une évidence qui conservait une grande part de confusion, comme un vent qui soufflerait sur lui-même, en lui, et refuserait de disperser sa force. Mais chacun la sent et s’en souvient. Ainsi les mots restèrent...
Johan, après la mort de son fils, part en quête d'une ultime raison de vivre. Il vient séjourner dans une grande bâtisse où vivent des personnages secrets qui consacrent toute leur énergie à s'occuper d'enfants qu'il ne parvient pas à rencontrer, ceci sous la tutelle inquiétante de Madame?
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